La méthode
Transparence & méthode
Les Trois Unes compare, chaque jour, la façon dont différents médias racontent la même actualité, et indique qui possède chaque média. Cette page explique précisément ce que nous affichons, ce que nous ne faisons jamais, pourquoi c'est légal, et comment nous construisons nos données. Nous préférons l'exposer en détail plutôt que de laisser planer le doute : si quelque chose ici vous semble incomplet ou inexact, écrivez-nous (coordonnées en bas de page).
Ce que nous affichons
Pour chaque article que nous référençons, nous affichons uniquement :
- le titre original de l'article,
- le nom du média qui l'a publié,
- la date et l'heure de publication,
- un lien hypertexte qui renvoie vers l'article original, sur le site de l'éditeur,
- nos propres métadonnées : qui possède le média (badge de propriété), à quel groupe il appartient, et son orientation éditoriale perçue selon notre méthodologie (voir plus bas),
- nos propres résumés, rédigés en français dans nos propres mots, qui reformulent les faits rapportés par plusieurs médias — jamais une citation de plus de 160 caractères d'un article donné.
Cliquer sur une carte ou un titre vous envoie toujours lire l'article complet chez l'éditeur d'origine. Nous ne sommes pas un substitut à la presse : nous sommes un point de départ qui vous montre, en un coup d'œil, comment plusieurs médias — et plusieurs propriétaires — traitent la même histoire.
Ce que nous ne faisons jamais
- Nous ne republions jamais le texte d'un article. Aucun corps de texte n'est stocké durablement sur nos serveurs. Le texte intégral n'est éventuellement chargé qu'en mémoire temporaire, le temps d'une analyse automatisée (voir « Fouille de textes » plus bas), puis détruit — jamais affiché, jamais publié.
- Nous ne reprenons jamais les images ou visuels d'un éditeur. Aucune photo, aucune vignette, aucun og:image d'éditeur n'apparaît sur ce site, nulle part. Nos propres visuels (icônes, badges, cartes de partage) sont entièrement générés par nous.
- Nous ne contournons jamais un paywall ni un mur d'authentification. Si un article est payant ou réservé aux abonnés, nous n'accédons à son contenu d'aucune façon détournée : nous nous limitons au titre et au lien tels qu'ils sont publiquement accessibles (page d'accueil, flux RSS public, ou index tiers comme GDELT).
- Nous ne citons jamais longuement un article. Nos résumés reformulent des faits dans nos propres mots ; toute citation directe reste strictement en dessous de 160 caractères, la zone tolérée par les éditeurs eux-mêmes (voir base légale ci-dessous).
Notre base légale
Nous nous appuyons sur trois textes qui, ensemble, autorisent explicitement ce que nous faisons — et qui définissent aussi clairement les limites que nous nous imposons.
Les droits voisins de la presse (loi du 24 juillet 2019, art. L.218-1 et s. du Code de la propriété intellectuelle)
Cette loi donne aux éditeurs de presse un droit à rémunération lorsque leurs contenus sont repris — c'est le texte qui a valu à Google une sanction de l'Autorité de la concurrence. Mais la loi elle-même prévoit des exceptions explicites, qui ne sont pas une zone grise mais un choix du législateur :
- les simples liens hypertextes sont exclus du droit voisin (confirmé aussi par la jurisprudence européenne, arrêt Svensson de la CJUE) ;
- les mots isolés et les très courts extraits sont exclus ;
- la reformulation de faits rapportés par la presse est exclue — les faits, en tant que tels, ne sont la propriété de personne ;
- les usages privés et non commerciaux sont exclus (notre statut commercial ne s'applique donc pas à ce point, mais aux points ci-dessus si).
À la suite de cette loi, les éditeurs français ont eux-mêmes fixé, via leurs balises méta, une zone d'extraits tolérée de 160 à 300 caractères de texte. C'est ce repère que nous respectons pour nos résumés, en restant délibérément sous la barre basse (160 caractères) pour toute citation directe.
Sur les images : la loi protège spécifiquement les photographies qui accompagnent un extrait, sauf lorsque l'accès se fait par un simple lien hypertexte. Par prudence et par principe, nous n'affichons de toute façon aucune image d'éditeur — jamais.
Pourquoi Google a été sanctionné et pourquoi cela ne s'applique pas à nous : Google a été sanctionné pour abus de position dominante (plus de 93 % du marché de la recherche en France), pas parce que les exceptions légales elles-mêmes seraient illégales. Les commentateurs juridiques et l'Autorité de la concurrence elle-même qualifient l'usage de ces exceptions de « contournement légal ». Les Trois Unes n'a aucune position dominante et, plus important, notre produit a pour effet d'envoyer du trafic vers les éditeurs plutôt que de s'y substituer : chaque carte renvoie vers les articles originaux.
La fouille de textes et de données (directive européenne DSM, art. 4 ; décret français n° 2022-928, art. R.122-23 à R.122-28 du CPI)
Pour regrouper les articles qui parlent de la même histoire et générer nos résumés, nos systèmes analysent automatiquement le contenu de certains articles (« fouille de textes et de données », ou text and data mining, TDM). Cette pratique est légale par défaut pour un usage commercial sur des contenus licitement accessibles, sauf si l'éditeur s'y oppose explicitement par un moyen lisible par une machine (balise, robots.txt, mentions légales). Deux obligations en découlent, que nous respectons strictement :
- Nous vérifions et respectons les oppositions (opt-out) de chaque média avant toute analyse de son contenu — voir notre registre ci-dessous.
- Nous détruisons toute copie de texte intégral après analyse. Nous ne conservons que le résultat de l'analyse (identifiant de regroupement, résumé, métadonnées) — jamais le texte source. Chaque destruction est horodatée et journalisée (empreinte de l'URL + date), dans un journal technique interne (
data/tdm_destruction.log).
Notre registre d'opposition (opt-out)
Certains groupes de presse ont exprimé, par un moyen lisible par une machine, leur opposition à la fouille de textes et de données. Pour ces médias, nous appliquons un régime strictement dégradé : titre, lien et date uniquement, sans aucune analyse automatisée de leur contenu. Selon le média, les titres proviennent soit de son propre flux RSS public (lorsque celui-ci est ouvert et que seule l'analyse est refusée), soit d'index tiers comme GDELT — jamais d'une collecte contournant ses conditions d'accès.
- Groupe Le Figaro (Le Figaro, Figaro Madame, Figaro Étudiant) — les mentions légales du groupe excluent explicitement la collecte automatisée et l'alimentation d'intelligences artificielles.
- Mediapart — le fichier
robots.txtdu site interdit explicitement les robots d'entraînement d'IA (ClaudeBot, CCBot, GPTBot, Google-Extended, Amazonbot, Applebot-Extended, etc.). Nous traitons ce signal machine-lisible comme une opposition TDM au même titre qu'une mention légale explicite, et appliquons le même régime dégradé.
Ce registre est vivant : nous le mettons à jour dès qu'un éditeur exprime une opposition, par quelque moyen lisible par une machine que ce soit. Un éditeur qui souhaite y figurer, en être retiré, ou nous signaler un signal que nous aurions manqué peut nous écrire (coordonnées en bas de page).
Le droit des contrats (conditions d'utilisation des flux RSS)
Au-delà de la loi, certains éditeurs restreignent contractuellement l'usage commercial de leur flux RSS. L'exception légale protège l'affichage titre+lien ; les conditions d'utilisation encadrent, elles, la façon dont nous avons obtenu l'information. Pour les médias aux conditions les plus restrictives, nous préférons donc sourcer les titres via des index tiers ouverts (GDELT, flux publics de Google Actualités) plutôt que via leur propre flux RSS.
Aucun contournement, jamais
Nous ne contournons aucun mur payant ni aucune authentification, dans aucun cas. Nous respectons le fichier robots.txt de chaque site que nous consultons, nous nous identifions avec un robot honnête (LesTroisUnes-bot/0.1, avec un lien vers cette page en guise de contact), et nous limitons nos requêtes à une par domaine toutes les 10 secondes au maximum, en mettant systématiquement en cache ce que nous avons déjà récupéré.
Ce que nous ne couvrons pas (et pourquoi)
Par honnêteté, nous préférons dire clairement là où notre couverture est incomplète plutôt que de le masquer. Certains grands médias français n'ont, à ce jour, aucun chemin de collecte qui respecte à la fois nos règles d'affichage et leurs propres conditions : pas de flux RSS public exploitable dans des conditions commerciales claires, ou une couverture insuffisante dans les index tiers ouverts (GDELT) que nous utilisons pour les médias les plus restrictifs. C'est notamment le cas, à ce stade, de :
- Le Figaro — présent dans notre registre de propriété et notre registre d'opposition, mais avec une couverture volontairement dégradée (voir ci-dessus) plutôt qu'absente.
- Ouest-France — pas encore de chemin de collecte conforme identifié.
- Les Échos — pas encore de chemin de collecte conforme identifié.
- Le Point — pas encore de chemin de collecte conforme identifié.
Nous retravaillons régulièrement cette liste à mesure que de nouvelles sources (nouveaux flux RSS, meilleure couverture GDELT) deviennent disponibles. Un rédacteur en chef de l'un de ces médias qui souhaite nous indiquer un chemin de collecte conforme est le bienvenu pour nous écrire.
Méthodologie — qui possède quoi
Notre registre de propriété (propriétaire, groupe, type de propriétaire) est construit à partir de sources publiques : mentions légales des médias, registres du commerce et des sociétés, communiqués officiels de rachat, et déclarations publiques des groupes concernés. Nous nous appuyons aussi largement sur la cartographie des médias tenue par Acrimed et Le Monde diplomatique, référence indépendante et régulièrement mise à jour sur la concentration des médias français, que nous recoupons avec l'actualité des rachats et cessions.
Nous distinguons plusieurs types de propriétaire, affichés par un badge de couleur sur chaque média : milliardaire (contrôle par une fortune personnelle ou un groupe industriel), État (contrôle direct par la puissance publique) ou public (audiovisuel public à indépendance éditoriale statutaire, comme France Télévisions, Radio France ou la BBC — une distinction que nous jugeons importante et que nous maintenons même si elle est plus fine que la typologie de base), indépendant (actionnariat dispersé ou familial sans lien de dépendance identifié), coopérative (capital détenu par les salariés et/ou les lecteurs), et fondation (contrôle par un fonds ou une fondation à but non lucratif dédiée à l'indépendance éditoriale, comme le Fonds pour une presse libre de Mediapart ou le Scott Trust du Guardian).
Ce registre est un travail vivant, pas une base figée : la propriété des médias change (rachats, cessions, recompositions de groupes), et nous corrigeons dès qu'un changement nous est signalé ou que nous le constatons. Une erreur ou un rachat récent que nous n'aurions pas encore intégré ? Écrivez-nous.
Méthodologie — l'orientation éditoriale perçue
Contrairement à la propriété, qui est un fait vérifiable, l'orientation éditoriale d'un média est un jugement. Nous l'assumons comme tel : nos étiquettes d'orientation (« gauche », « centre », « droite », et leurs nuances) reflètent une appréciation éditoriale de la ligne généralement observée par un média, pas une mesure scientifique. Elles s'appuient sur l'historique éditorial du média, les études existantes sur le paysage médiatique français, et notre propre observation dans la durée — jamais sur le contenu d'un article isolé.
Nous utilisons volontairement un axe français, pas la grille gauche/droite américaine : en France, historiquement, la gauche est associée au rouge et la droite au bleu — l'inverse de la convention américaine. Nos couleurs de code respectent cette convention française.
Ces étiquettes sont un point de départ pour la discussion, pas un verdict. Nous révisons un classement lorsqu'un argument sourcé nous est présenté.
Méthodologie — rubriques, propriété et angle mort
Trois autres filtres, en haut de la page d'accueil, reposent sur des faits, pas des jugements : contrairement à l'orientation éditoriale ci-dessus, aucun ne porte d'étiquette « brouillon ».
- Rubrique — assignée automatiquement par notre pipeline d'IA à partir des titres publiés, dans un vocabulaire fermé que nous définissons (politique, international, économie, tech & IA, sport, climat & catastrophes, éducation, culture & société, médias, sciences & santé). C'est notre propre classification, révisable : une histoire qui ne rentre honnêtement dans aucune catégorie est étiquetée « autre » plutôt que forcée dans une case qui ne convient pas.
- Propriété / public-privé — directement dérivés de notre base de propriété (voir méthodologie ci-dessus), sans nouveau jugement : un média est « public » lorsque son
owner_typevaut précisément « service public » à indépendance éditoriale statutaire ; tout le reste (y compris les médias sous contrôle étatique direct) compte comme « privé ». - Angle mort (étiqueté « bêta ») — un simple comptage de médias distincts, pas une IA et pas un comptage d'articles : pour une histoire couverte par au moins 8 médias français distincts, si un bord (gauche, centre ou droite) ne représente que 15 % ou moins de ces médias distincts, nous signalons ce bord comme sous-couvert. Nous comptons les médias, pas les unes : un média qui publie plusieurs articles sur la même histoire ne compte qu'une fois, pour qu'un seul média très prolifique sur une histoire ne puisse jamais donner l'illusion qu'un bord est bien couvert. Ce seuil est volontairement ajustable et sera affiné à mesure que nous observons plus de journées réelles.
Limite importante de cet indicateur : à ce stade, le bord droite de notre échantillon français ne repose que sur quatre médias (BFMTV, CNews, Europe 1, L'Express) — Le Figaro, Le Point et Les Échos en sont absents, pour les raisons de collecte détaillées dans « Ce que nous ne couvrons pas ». Un indicateur d'angle mort calculé sur un échantillon incomplet doit le dire clairement plutôt que de laisser croire à une mesure exhaustive.
Contacter Les Trois Unes
Vous êtes un lecteur, un chercheur, ou vous travaillez pour l'un des médias que nous référençons ? Nous répondons à toute demande, notamment :
- signaler une erreur factuelle (propriété, date, lien cassé) ;
- demander une correction de classement d'orientation, avec justification ;
- exercer un droit d'opposition à la fouille de textes et de données au nom d'un média (nous ajouterons l'entrée à notre registre d'opt-out et basculerons ce média en régime titre+lien uniquement) ;
- demander le retrait d'un lien ou d'un résumé ;
- toute autre question sur notre méthode.
Contact : contact@lestroisunes.fr. Nous accusons réception et répondons dans un délai raisonnable.
Voir aussi : la carte « Qui possède ? » de tous les médias que nous suivons.